S’accepter

 J’ai conscience de partager un avis qui n’est pas du tout majoritaire en Occident. Mais il me tient à cœur, et peut-être que vous aurez quelque chose à en apprendre, même si vous n’êtes pas d’accord avec la totalité 🙂

« S’il y a une seule personne dans les neufs mondes à qui tu ne dois jamais mentir, que cette personne soit toi même. »

Cette phrase, dès le moment où je l’ai lue, s’est gravée en moi. Elle a résonné de vérité, brutale, crue, limpide. Parce que je la pensais déjà, sans jamais l’avoir formulée clairement.
Peut importe au final ce que tu fais : c’est ta vie, ton monde. Mais il est crucial de ne jamais te voiler la face, de ne jamais couvrir les yeux de ton âme. Ne te caches pas derrière des excuses.
Peu de gens sont aussi honnêtes que possible avec eux-mêmes. Ils se trouvent des raisons, expliquent l’inexplicable, se disent qu’ils n’ont pas le choix, qu’ils ne savaient pas, qu’ils avaient raison.
Mais quelque chose les tiraillent.
Et quand enfin quelqu’un leur dit la vérité, peu importe de quelle façon, ils vacillent, éblouis. Mais se relèvent en fermant bien fort les yeux, hurlant :
« C’est faux ! » « Tu es jaloux ! » « Tu ne sais rien de moi. » « T’es endoctriné. » « Ha ! T’es ridicule ! » « Tu dois être un troll. » « T’es pas déconstruit. » « Tu parles sans savoir. »
« Tu as tort. »
Souvent, la colère se dessine rapidement, même si face à eux nous sommes le plus calme du monde.
Et pourtant. Malgré la véhémence et le rejet, nos propos tournent en boucle dans leur tête, encore et encore, ils y pensent, ils s’énervent, ils nous rejettent encore plus, n’arrivent pas à se convaincre qu’ils ont vraiment raison.
Le doute s’est installé.
Je n’irais pas jusqu’à dire « il n’y a que la vérité qui fâche », parce que je ne pense pas que ce soit toujours le cas, mais je suis au moins sûre que souvent cette phrase mérite d’être réfléchie.
Et tout le monde fait un jour où l’autre face à cet aveuglement. Personne n’échappe aux protections de l’esprit.
Je dis « ils » mais c’est aussi « je ». Tout le monde réagit ainsi lors de certaines discussions.

Ne jamais se mentir, c’est ne jamais se rejeter. Ne pas croire que l’on est quelque chose que l’on est pas. Encore moins s’en convaincre avec véhémence. Ces croyances sont toujours douloureuses, parce que l’univers entier nous rappelle avec insistance qu’elles sont fausses.
On ne peut pas enterrer ses défauts, ses erreurs, les choses qu’on ne supporte pas en soi.
Ne jamais se rejeter, c’est ne jamais rejeter son corps non plus. Ni ses rides, ni ses formes, ni ses capacités, ni son visage, ni sa taille, ni ses cheveux, ni ses mains, ni son ventre, ni ses poils, ni sa cellulite, ni ses pieds, ni ses jambes, ni son sexe, ni ses cicatrices, ni son nez, ni ses handicaps, ni sa graisse, ni ses os, ni rien.
Ne jamais rejeter ce qui nous compose, à l’intérieur comme à l’extérieur.
Parce que tout ça, c’est nous.
Nous ne sommes pas prisonniers d’un corps (cher Platon) nous sommes un corps. Nous sommes lui. Il n’y a pas de « le corps et l’esprit », même si la séparation factice est utile dans la vie de tous les jours. Mais il ne faut pas croire que cette séparation est réelle. Notre esprit, notre cerveau, est un organe comme un autre. Notre esprit est une partie de notre corps, nous sommes notre corps. Le rejeter, c’est se rejeter soi. L’accepter, même avec douleur, même avec amertume, c’est s’accepter soi, comprendre l’importance de ce que nous sommes, indépendamment de ce que la société -ou soi même- en dit.
C’est, parfois au bout d’un long chemin de souffrance, être en paix avec soi-même.

« Oui mais si ça nous rend malheureux ? Pourquoi je devrais passer des années à essayer d’accepter, je sais pas, mes poils disons, alors qu’il me suffit de les enlever ? Pourquoi je devrais accepter mes pires défauts de caractère alors que je peux les ignorer ? Pourquoi souffrir alors qu’on pourrait l’éviter en prenant le chemin le plus facile ? »
Déjà, je pense qu’on ne peut pas l’éviter. J’ai essayé moi aussi, d’ignorer, voire changer des choses qui faisaient partie intégrante de moi. Je ne faisais que fuir. J’ai pu faire évoluer certaines choses, parce que c’était des choses changeantes, instables par nature, mais pas le reste. A mes yeux, un bonheur artificiel, une acceptation factice, n’est pas le bonheur.
Au final, malgré tout ce qu’on nous rabâche depuis l’enfance à travers moult médias, le bonheur n’est pas un but.

Le bonheur n’apporte que l’angoisse : l’angoisse de le perdre.

« Tout va trop bien, il va m’arriver quelque chose, c’est pas possible d’être heureux si longtemps, un truc va me tomber sur la gueule. »
C’est ce qu’on pense souvent. Le bonheur est rongé par le stress de son existence.
Plutôt que le bonheur, ce qui me semble être bien plus important, c’est la sérénité.

Être serein, contrairement au bonheur, est un état. C’est durable, c’est interne, c’est stable. Parfois, une brise vient la secouer, mais l’acceptation revient vite, et avec elle le fait d’être serein.

Le bonheur est un bonus, la sérénité est le chemin. L’acceptation de soi, de tout ce que nous sommes, même ce que l’on déteste, refuser de se mentir ou d’échapper à soi-même, c’est être en paix.

Et rien ne vaut plus.

« S’il n’y a qu’une seule personne dans les neufs mondes à qui tu ne dois jamais mentir, que cette personne soit toi-même. »

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5 réflexions sur “S’accepter

  1. C’est un très bon article, je suis bien d’accord avec ce que tu dis, je pense que pour accéder à la sérénité il faut en partie se détacher du regard et du jugement de la société actuelle, du moins trouver un compromis, qui voit le corps comme un objet et un bien ( sur le plan de l’esthétique, nous devrions correspondre à des normes, et sur le plan matériel, nous ne sommes que des biens car nous devons être rentables dans notre système capitaliste). Pour en venir à l’épilation je m’en passerais bien, mes poils me dérangent pas, mais dans l’intimité et en public si 😀 ce qui est bien dommage.

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    1. Merci de ton commentaire 🙂
      Je suis en train d’essayer d’accéder à cet idéal d’acceptation totale, c’est assez difficile puisque ce n’est pas ce à quoi nous sommes habitués !
      Je vais peut-être raconter mon chemin, étape par étape, si ça peut servir à inspirer d’autres personnes 🙂
      Merci encore de ton retour, je te souhaite une bonne journée 🙂

      Aimé par 1 personne

      1. Bonsoir, je serais très intéressée de suivre ton parcours pour ton acceptation de soi, effectivement comme tu le dis cela peut inspirer certaines personnes, dont moi 🙂

        Douce soirée 🙂

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  2. C’est un très bel article. Il me touche particulièrement car il aborde un sujet que nous avons plusieurs fois abordé avec une personne qui m’est particulièrement chère et qui, justement, a rejeté tout ce qui pouvait lui apporter le bonheur car persuadé qu’on lui retirerait aussitôt.

    « Autant vivre malheureux -de base- et ne jamais rien perdre, ne jamais rien attendre de la vie. » J’ai trouvé ça particulièrement triste et l’entendre de la bouche d’un être que j’aime tant ça m’a fait l’effet de quelque chose qui s’est brisé en moi.

    Mon désir est de vivre sereine, comme tu parles de la sérénité, de cet état en soi. Et si possible, de transmettre à cette personne une certaine sérénité également, qui puisse être cultivée ensuite en son for intérieur.

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    1. J’ai déjà eu ce genre de pensées également (ma phrase à propos de l’abandon du bonheur au profit de la sérénité est différente, pour moi les deux n’ont pas du tout la même définition). Ce qu’on connaît nous rassure, et si ce qu’on connaît le mieux c’est le malheur, y rester peut être une stratégie pour s’éviter de souffrir encore plus 😦
      J’espère que la personne dont tu parles sortira de son malheur ❤
      Bonne journée à toi et merci de ton retour 🙂

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