Motivation… ou discipline ?

procrastination

J’ai toujours eu un gros problème d’organisation et de rigueur. En grande partie parce que je n’ai jamais eu à m’en préoccuper pour avoir de bons résultats.
Sauf que… cette méthode du « j’ai pas besoin de réviser yolo », ça marche jusqu’au lycée. J’ai cru pouvoir continuer sur cette voie à l’université et lors de ma première année je me suis fracassée la tronche.

Voir tout le monde autour de moi réussir pendant que j’échouais une année pour la première fois, ça a été une bonne claque pour mon égo : moi qui avait toujours tiré une petite fierté à réussir sans effort, je me retrouvais à envier les travailleurs. Ça m’a fait du bien, d’avoir enfin les pieds sur terre.
Mais plus encore, ça m’a fait comprendre que j’avais un problème : je n’avais jamais appris à apprendre, ni appris à travailler, rien du tout. Aucune technique. Je me contentais juste d’aller en cours et de prendre des notes, depuis toujours. Pas de révision, pas d’exercices.
Et je n’avais aucune idée de comment changer ça.
Donc quand on est flemmarde comme moi et qu’on veut changer, qu’est-ce qu’on cherche ?
D’abord, des méthodes de travail.
Ensuite, la motivation.

J’ai lu des dizaines et des dizaines d’articles et de livres qui promettaient de trouver cette sainte motivation et de la garder. Mais je n’y parvenais jamais. Je n’arrivais pas à trouver des choses motivantes, positives, à l’idée de travailler. J’avais d’un côté des loisirs, et de l’autre côté des tâches à faire. Mon cerveau savait très bien ce qu’il préférait privilégier.
Alors je repoussais au lendemain, encore et encore, avec honte et auto-dépréciation. Et quand je trouvais la force d’enfin me poser sur mon bureau, je ne faisais que bâcler pour pouvoir faire autre chose le plus vite possible.
Et ce n’était pas une question de motivation profonde : j’aime mes études. J’adore lire à ce sujet, mais je n’aime pas l’impression d’être forcée à faire quelque chose. De la même manière, cet évitement touchait aussi tous les autres domaines de ma vie : le ménage, écrire, dessiner, lire, méditer, pratiquer…
Même ce qui m’intéressait, même ce qui était nécessaire, m’était pénible. Pourtant, une fois que j’étais lancée, j’appréciais faire toutes ces choses.

Le vrai problème, c’était la discipline.

Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, je suis tombée sur une citation en image qui disait que le plus important n’était pas la motivation mais la discipline, et j’étais bouche bée par cette simple affirmation. C’était si juste !
D’abord parce que la motivation, c’est un peu comme l’inspiration, c’est quelque chose d’assez spontané, « au dessus » de nous. C’est très dur de la contrôler. On peut tout juste la déclencher et prier pour qu’elle dure.
Ensuite, parce que la motivation, c’est l’envie de faire quelque chose. C’est donc un faux ami : ce que je cherchais, ce n’était pas avoir envie d’effectuer mes tâches, mais réussir à les effectuer même quand je n’en avais pas envie !
Et ça, c’est tout le principe de la discipline.

La discipline (je me base sur la cinquième définition du Larousse) c’est justement cette force intérieure qui permet de faire ce qui doit être fait, sans se poser la question de est-ce qu’on a envie ou pas. Sans chercher des techniques pour manipuler notre cerveau afin qu’il nous donne cette impulsion. Sans craindre le bâton ou chercher la récompense.
C’est faire. Et c’est tout.

Le problème, ce qui fait qu’on parle si peu de la discipline et autant de la motivation est peut-être que dans les sociétés occidentales, la discipline est connotée très négativement, et la motivation est valorisée. Dans une société individualiste et non collectiviste, on cherche à se faire plaisir.
Or, la discipline n’est pas une torture, ce n’est pas l’absence de joie, ce n’est pas devenir un robot obéissant.
C’est là que je pense que la comparaison armée/arts martiaux à toute son importance pour saisir l’intérêt de la discipline.
Commençons déjà par briser un présupposé : l’armée n’est pas la discipline. L’armée est l’obéissance. Ce qui sont deux notions différentes. L’armée (et d’autres corps de métier) apprend à obéir, à craindre la punition, à chercher la récompense, elle nourrit même parfois une colère et une passivité qui pousse à retourner ce comportement quand la hiérarchie est différente, ce qui explique en partie ses dérives autoritaires : dès qu’on a plus de chef sur le dos pour nous soumettre, on devient chef pour soumettre un autre.
Mais les arts martiaux apprennent à mon sens un concept bien différent. On y apprend pas à obéir à quelqu’un, on ne nous donne pas d’ordres, on est ni puni, ni récompensé, et effectuer les tâches n’entraîne pas de colère ou de ressentiment. Ils apprennent la discipline. C’est à dire être son propre chef. La discipline n’est pas l’obéissance car il est question d’auto contrôle, d’initiative, de rigueur. Que le chef soit là ou pas, la tâche est faite.
C’est là que je trouve la comparaison Europe/Asie pertinente. Un élève français normal aura tendance à jouer sur son téléphone quand son parent à le dos tourné pendant qu’il est sensé travailler, et il faut lui rappeler sans cesse qu’il doit faire ses devoirs, qu’il doit penser à l’avenir, que s’il ne travaille pas il sera puni. Un élève normal d’une société très compétitive et communautaire (Japon, Chine, Corée) aura au contraire tendance à travailler de lui-même, sans personne sur le dos, très tard et très dur, très souvent en cours supplémentaires externes à l’école (juku 塾).
Que ce soit bien ou non n’est pas la question ici, la question est : comment acquérir cette discipline, cet auto contrôle, ce chef intérieur, cette absence de pensées parasitant la mise au travail, que nous n’avons pas l’habitude d’avoir en Occident ?

Il n’existe pas de recette miracle. Le secret de la discipline est simple et difficile à la fois : il faut commencer.
Prendre l’habitude de ne pas se poser de questions. Se créer un chef interne. A chaque fois qu’on pense « j’ai pas envie, j’ai la flemme, j’ai encore le temps, je le ferais tout à l’heure, c’est bon c’est pas grave », que ce soit pour réviser ou faire la vaisselle ou ranger quelque chose qu’on vient de déplacer, se rappeler à l’ordre : « tu le fais et c’est tout ».
Ce chef intérieur est très pénible au début. Surtout qu’on y gagne rien, à première vue. Ni carotte, ni bâton. Mais… une certaine satisfaction apparaît au fil des jours. La satisfaction du travail bien fait. La rigueur apporte un sentiment d’estime de soi très positif.
Personnellement, ça m’a pris un mois avant de vraiment voir les changements, avant que ce chef intérieur provisoire se taise pour laisser simplement place à de bonnes habitudes. C’est comme un sevrage : c’est difficile au début, on lutte, on échoue, mais plus on tient dans le temps, plus ça devient naturel.

Personnellement, et parce que si j’en parle ici c’est pas pour rien, j’ai fait appel à ma foi pour m’aider dans cette transition 🙂
J’ai profité d’Ostara pour me créer un p’tit rituel maison dans ce but. J’ai passé une soirée à créer des sigils liés au travail universitaire, j’ai sélectionné les plantes que j’avais en stock, et je me suis fait un bain purifiant avec un rituel dédié à créer cette impulsion de discipline.
Si ça vous intéresse, continuez votre lecture et je vous raconte ça en détail !
Dans tous les cas, j’espère que cette réflexion sur la discipline vous donnera le même élan qu’elle m’a donné pour améliorer mes habitudes 🙂


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« Je suis concentrée sur mon travail »

Rituel de discipline et de purification

L’objectif est ici de se purifier de la paresse, des mauvaises habitudes, de la procrastination, des émotions négatives empêchant le travail et la concentration ainsi que la bonne tenue d’une maison ; et de créer l’impulsion nécessaire au développement d’une discipline quotidienne.

  • Nettoyer la maison, si possible en utilisant une eau sacrée ou des huiles essentielles purifiantes comme la lavande ou le citron, ainsi que du sel
  • Ouvrir le cercle – optionnel (si ça fait partie de votre pratique)
  • Allumer des bougies, si possible blanches et ointes d’huile lié au travail que l’on veut accomplir (acacia, citron, fenouil… à vous de chercher ce qui vous semble le mieux)
  • Passer un moment devant l’autel ou les bougies à entrer dans un état d’esprit propice à la pratique spirituelle et magique
  • Appeler des divinités – optionnel, ici :
    Helléniques : Arété, Ponos, Athéna, Hestia, Mnémosyne
    Scandinaves : Snotra, Odin, Mímir, Frigg
    Shinto : Tenjin (天神), Benzaiten (弁財天), différents yokai du foyer
    Celtes : Amusez-vous avec ça 😉
  • Expliciter de façon concise et claire votre objectif en les appelant et en quoi vous désirez leur aide
  • Poser une première offrande (personnellement c’est de l’alcool, bière ou hydromel)
  • Préparer le bain :
    Prendre les herbes et les huiles essentielles correspondant à la demande
    Allumer une bougie dans la salle de bain
    Faire couler l’eau et se nettoyer avant de boucher la baignoire/la douche
  • Prendre le bain :
    Se détendre dans l’eau. Prendre le temps de mettre de côté les tracas quotidiens (les chasser de la main comme s’ils étaient physiquement présent peut aider)
    Penser à toutes les choses qu’on voudrait réussir à faire, à la personne rigoureuse et studieuse qu’on voudrait être
    Visualiser toutes les choses qui nous en empêche
    Prendre le temps d’y réfléchir un peu, se mettre dans un état spirituel
  • Après cette réflexion, énoncer à voix haute la synthèse qu’on en tire et dire clairement ce qu’on veut changer et ce qu’on veut devenir. Par exemple :
    « Je ne travaille pas assez, je manque de concentration, de mémoire, et de volonté. Maintenant je décide de devenir studieuse, concentrée, et avec ton aide (divinité) ma mémoire devient meilleure. »
  • Visualiser clairement notre « nous » transformé. L’imaginer si fort qu’il devient réel, faire en sorte que se convaincre soi même, c’est modifier la réalité, c’est tout le but de la visualisation.
  • Entrer totalement dans l’eau, méditer
  • Terminer le bain
  • Remercier devant l’autel, donner une nouvelle offrande plus importante. Ça peut être de la nourriture, de l’alcool, mais je préfère quelque chose qui me coûte vraiment puisque c’est le sens du sacrifice : argent que j’irais ensuite enterrer/mettre dans un réceptacle réservé aux dieux/donner à une association liée à la divinité; temps pour prier; dessin, sculpture, chant; objet de valeur…
  • Mettre en place notre nouvel environnement de travail (par exemple je sors les cours que je dois réviser en priorité, je met une couverture attirante, et j’imprime la Prière avant l’étude de St Tomas d’Aquin que je trouve très inspirante)
  • Créer un sigil lié à notre volonté
  • Travailler ou faire le ménage (ou tout autre tâche lié à la demande) tout de suite, pour mettre en place directement notre nouvelle habitude
  • Fermer le cercle – optionnel

 

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